NON au Synthétik – Rafiki reacts to Gayan

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Alors que la montée des drogues synthétiques dans les rues du pays se calcule par des statistiques impliquant les entrées à l’hôpital psychiatrique de Brown Sequard, le ministre de la Santé Anil Gayan a pris le temps d’émettre une déposition devant la commission d’enquête sur la drogue. Celle-ci a fait l’objet de nombreux débat au cours des dernières semaines, cependant, au sein des débats au sujet de la situation des drogues dans le pays, -parfois animer dans les médias, parfois violent dans les rues de nos capitales,- rares ont été les occasions pour les jeunes de donner leur avis avec toute honnêteté. Il faut savoir le dire : aujourd’hui, il est compliqué d’abordé des exemples basés sur des expériences au sein de débats sur les drogues dans ce pays, sans prendre le risque d’être catalogués de drogués soit même. A toutes mauvaises langues : sachez qu’aujourd’hui, nous tenons à notre habilité d’analyse et d’interprétation, beaucoup plus qu’à notre réputation.

En fin juin 2016, le ministre de la santé Anil Gayan émet une déposition à la commission d’enquête sur la drogue dans laquelle il estime la situation des drogues synthétiques comme « non alarmante », questionnant la disponibilité des drogues de synthèses auprès des jeunes. Je ne compte pas m’attarder sur le “Once you get high, you want to get higher”, en effet si Monsieur le Ministre ne prend pas le temps d’argumenter ses phrases d’accroches populaires afin de leurs donner un soupçon de crédibilité, nous ne prendrons pas le temps non-plus.

Je n’ai pas la prétention de parler au nom d’une génération de mauricien, mais vous propose une nouvelle perspective sur un débat qui manque de mis en abime. Aujourd’hui à 18 ans, je suis témoins des premiers pas dans la vie d’adulte d’un groupe d’individu que j’ai côtoyé, fréquenté et pris le temps d’analyser.  Provenant de famille financièrement stable, ayant grandis dans un environnement favorable au développement lors de notre enfance, la plupart d’entre nous possède les cartes nécessaire à construire le futur de l’ile Maurice. Cependant aux cours des dernières années, nous avons tous été témoins d’un phénomène grandissant et inquiétant.

Depuis longtemps, la société mauricienne rêve d’une Ile Maurice sans drogue, sans les dérives et les dangers que celles-ci représentent. Nous espérons un pays de droiture en bonne santé. La mesure logique qui fut entreprise par le gouvernement mauricien fut donc d’illégaliser un nombre de drogues répertoriés comme dangereuses, et de mettre fin aux trafics de ses substances illicites en punissant ceux qui en possèdent par l’emprisonnement, en prenant en compte deux catégories, les consommateurs et les trafiquants, tous deux criminels. Les répercussions d’une telle politique sont palpables à plusieurs niveaux de la société mauricienne. – please focus-.

Les consommateurs de Gandia dans l’ile Maurice sont nombreux, -laissons les statistiques de côtés pour une seconde, il y en a beaucoup-. Actuellement, ces consommateurs prennent une position de criminel dans la république : depuis le jeune de 15 ans à la recherche de sensations fortes, à la personne âgée qui calme ses douleurs au dos, aux malfrats gangster cherchant à accomplir ses rêves de possession matériel en utilisant tout les créneaux possible sans moralité. Tous deviennent sujets à la même étiquette de criminel.

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La stigmatisation de ses citoyens comme criminels et l’intolérance dont ceux-ci sont sujets, créer une marginalisation d’individus qui se referment sur eux-mêmes. Cette situation fait que les drogués, ou victimes des drogues, deviennent coupable,  risquant souvent de plus grosse peine d’emprisonnement que les meurtriers ou violeurs.  Sans parler des problèmes que l’incarcération d’un jeune peuvent avoir comme conséquences sur la santé mentale et le développement d’un individu (prise de contacte avec des gangs et des drogues dures).

Ainsi, cette répression du gandia et de ses consommateurs par les forces de l’ordre, font que les prix augmentent, dans une situation ou les planteurs prennent tellement de risques, qu’ils attendent un retour financier. De plus l’option de sortir du marché noire, de ne plus financier les trafiquants et de devenir auto-suffisant en cultivant pour sa consommation devient suicidaire car la sentence monte à plusieurs années en prison. Et je ne m’attarde même pas sur les phénomènes de corruption que cela engendre au sein, de l’ADSU et de la police, qui confisque des sommes invraisemblable, qui en déclare la moitié, et se permet le luxe en relançant  le reste dans le marché noire à moindre frais et à moindre risque…

Ainsi le budget du consommateur de gandia à Maurice se met à grimper. Le gramme varie entre 1000rs et 1500rs.  On pourrait croire qu’un prix aussi exorbitant ferait que la consommation diminuerait et remettrait le problème du gandia dans l’ile Maurice dans une situation stable. Erreur ! Le problème est que, un prix aussi élevé créer un marché pour des drogues moins chères, plus abordable à la population. Les consommateurs de cannabis les moins solides émotionnellement et socialement se rattachent à des alternatives au Gandia trop ruineux en cherchant moins de complication, et de la rapidité de procédures. Ou trouvez le « nissa recherché » plus rapidement que en aspergeant  de l’anti-moustique sur un peu de thé séché pour le relâché dans les rues et regarder la jeunesse perdre la tête sous des odeurs de citronnelle reproduit en laboratoire.  Soudainement la qualité du produit n’est plus basée selon les bénéfices et la qualité du high, mais sur sa rentabilité. Une course dans laquelle le gandia mauricien part avec un handicape : depuis l’arrivé du tristement fameux Black Mamba il y a quelques années, la puissance des drogues synthétiques n’a fait que augmenté. Pour 300rs de Synthé, la jeunesse atteint des hauteurs comparables  à un budget de 1200rs pour le gandia. La jeunesse se retrouve dans l’embarras d’une option inacceptable.

Monsieur Gayan se permet de questionner la disponibilité des drogues de synthèses dans les rues mauricienne. La jeunesse entière s’attriste que les dirigeants de notre nation ne soit pas connecter à leur environnement, et ne ressentent aucunement les répercussions de certaines décisions alors que le peuple paye le prix chère. Juste pour me servir de mon expérience personnel pour démontrer ce que je pensais était une évidence unanime à l’opinion publique : Au cours des quelques dernières années, j’ai vu des jeunes de 15 ans, au visage d’enfant innocent, parler de leur expérience avec les drogues synthétiques comme d’évènement banales de leur vie. J’ai vu des élèves de mon lycée, respecté pour sa droiture, consommé du synthé de manière quotidienne, QUOTIDIENNE. -Je tiens à assumer ce mot : tous les midis, tous les soirs-. Sans parler des occasionnelles rencontres avec les « hors-catégories » comme le brown sugar et les drogues vendues avec le sourire du pharmacien en toute légalité, je citerai la codéine : -et oui, le Siro Latou aussi y passe-. Ici, je m’appuie sur mon expérience dans un établissement privée de notoriété, je n’imagine même pas la situation dans les collèges publiques des régions sensibles de l’ile…

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On pourrait se demander, comment cela est possible que, malgré toutes les mesures préventives et les articles dans les journaux concernant le danger des drogues synthétiques, comment ses jeunes peuvent-ils en consommer ? Le problème provient du fait que nous prenons une position antidrogue, que nous essayons d’instruire aux jeunes afin de leur apprendre à dire non !  avec comme ultimatum de créer un monde sans drogues. Cette position est idyllique et irréaliste. Aussi triste que cela puisse paraitre, le monde n’est pas près de ceux débarasser du fléaux que représentent les drogues d’ici tôt. Une fois cela admis, il faut savoir enseigner à vivre avec les drogues qui les entourent (légale ou illégale). Eduquer les masses sur les effets de chaque drogue, leurs dangers. La marginalisation de ceux qui se fragilise sous l’effet des drogues est la pire option imaginable pour créer une société Drug-free.

Au cours de l’histoire, les hommes ont toujours eu des drogues dans les sociétés. Les peuples des Amériques utilisaient du tabac, les occidentaux appréciaient les douceurs du vin, alors que certains peuple d’Asie s’évader dans l’opium. Aujourd’hui, la situation globale complexifie les problèmes. Mais pour un progrès commun, au nom de tous, il faudra apprendre a séparer l’illégale et l’immorale. Malcom X affirmait au sujet du combat des Black Power aux Etats-Unis :  “The greatest mistake of the movement has been trying to organize a sleeping people around specific goals. You have to wake the people up first, then you’ll get action.” Il est tant pour la société mauricienne d’agir au sujet des problèmes sociaux liés aux drogues de synthèse, mais il sera impossible d’essayer de mettre en place des réformes si l’opinion publique n’est pas convaincu du bénéfice de ses réformes. Il est donc tant pour le peuple mauricien de s’attarder sur la question et de trouver une alternative à la politique mis en place à ce sujet, car celle-ci a su montrer à ample reprise qu’elle ne fonctionnait pas.

La solution aux problèmes sociaux liés aux drogues se situent, non pas dans la répression et la criminalisation des personnes concernés, mais dans l’information et la tolérance.

Il est tant pour la société mauricienne de mettre fin à la stigmatisation de citoyen qui s’avérera fatale dans la situation du synthétique. Laissons les grandes banderoles à slogan de côté. Tous les problèmes cités en amont sont directement liés à l’intolérance.

It’s not longer about being right in every move, but being righteous in every movement.

Ce message n’est que mon opinion personnel, partagé en toute honnêteté, en sachant tout les risques que celle-ci encours en cette situation complexe. A toutes les personnes que j’ai vu grandir et qui sont aujourd’hui dans le cercle vicieux des drogues synthétiques, l’amour et de la compassion que je ressens à votre égard sera plus fort que l’intolérance dans laquelle on vous emprisonne.

Ce texte est à l’intention de M. Anil Gayan, ministre de la santé, Sir Anerood Jugnauth, premier ministre de la république, et à tous ceux qui les élisent: le peuple mauricien dans toutes sa beauté. Parfois les gestes les plus patriotiques consistent à tout remettre en question. Tout, toujours tout.

Much Respect and Love Intended.

_Greet Your Healings, Rafiki.

 

 

 

 

 

-source : http://www.lexpress.mu/article/284563/drogue-synthetique-pas-quoi-salarmer-selon-gayan